Une pétition intitulée « Don’t Kill the Disc », lancée récemment sur Change.org, a dépassé le cap des 200.000 signatures. Cette mobilisation importante vise à pousser Sony à revoir sa stratégie concernant l’avenir des jeux PlayStation au format physique. À l’origine de l’initiative, le revendeur canadien PNP Games estime que l’abandon progressif des disques constitue un véritable recul pour les joueurs, notamment en matière de propriété, de revente et de conservation des jeux vidéo. La campagne prend une ampleur croissante alors que de nombreux membres de la communauté s’inquiètent de voir l’industrie se diriger vers un modèle entièrement dématérialisé.
Les organisateurs rappellent notamment la communication de Sony lors de l’E3 2013, à l’époque du lancement de la PlayStation 4. Le constructeur japonais avait alors fortement mis en avant la liberté offerte par les jeux physiques, permettant aux joueurs de revendre, prêter, échanger ou conserver leurs titres sans restrictions particulières. La pétition souligne le contraste entre cette position historique et la stratégie actuelle attribuée à Sony, treize ans plus tard. Pour les initiateurs du mouvement, la disparition des disques limiterait considérablement le contrôle des consommateurs sur les produits qu’ils achètent, tout en renforçant la dépendance aux boutiques numériques.
Au-delà de la question de la propriété, la pétition met également en avant plusieurs conséquences potentielles pour l’ensemble du marché. La suppression progressive des éditions physiques pourrait réduire la concurrence entre les revendeurs, limiter les possibilités d’achat d’occasion et compliquer la préservation des jeux sur le long terme. Les organisateurs demandent ainsi à Sony de poursuivre la production de jeux PlayStation sur disque au-delà de 2028. Leur objectif est clair : permettre aux prochaines générations de joueurs de réellement posséder leurs jeux, plutôt que de dépendre exclusivement de licences numériques dont l’accès peut être lié à des services, des comptes ou des infrastructures en ligne.
Les responsables de la campagne avertissent également qu’une décision prise par le leader du marché pourrait accélérer une transformation généralisée de l’industrie. Selon eux, si Sony abandonne définitivement le support physique, d’autres acteurs majeurs pourraient suivre la même direction, réduisant progressivement le choix offert aux consommateurs. Malgré les plus de 200 000 signatures et une contestation qui continue de gagner en visibilité, Sony n’a pour le moment apporté aucune réponse publique à cette mobilisation. Le silence du constructeur laisse donc une question en suspens : cette pression communautaire pourra-t-elle réellement influencer l’avenir des jeux PlayStation physiques ?
