La nouvelle Steam Machine de Valve avance avec une promesse claire : installer SteamOS au cœur du salon et proposer une expérience plus simple qu’un PC gaming classique, tout en restant plus ouverte qu’une console traditionnelle. Présentée sous la forme d’un cube compact de 16,5 × 15,5 × 15,3 cm, la machine vise les joueurs déjà attachés à l’écosystème Steam, mais son positionnement reste délicat. Face aux PlayStation, Xbox, mini-PC gaming et Steam Deck, Valve doit justifier l’intérêt d’un appareil fixe, préconfiguré, pensé pour le téléviseur, mais vendu à un tarif qui dépasse largement le territoire habituel des consoles.
Sur le plan matériel, la Steam Machine repose sur une base très proche d’un PC. Elle embarque un processeur AMD personnalisé doté de 6 cœurs et 12 threads, accompagné de 16 Go de mémoire DDR5. Sa partie graphique Radeon, basée sur l’architecture RDNA 3 Navi 33, dispose de 8 Go de mémoire GDDR6 et se rapproche d’une Radeon RX 7600 légèrement réduite, avec 28 unités de calcul actives contre 32 pour la carte complète. Le GPU fonctionne avec une enveloppe de 110 watts, inférieure aux 165 watts d’une RX 7600 classique. Le stockage atteint environ 1,9 To en NVMe sur le modèle testé, tandis que SteamOS 3.8.9 conserve une interface Linux KDE en mode bureau, en plus du mode gaming pensé pour la manette.
Les performances placent la Steam Machine nettement au-dessus du Steam Deck, mais sans provoquer de rupture majeure.Le Full HD et le WQHD sont les définitions les plus adaptées, tandis que l’UHD montre rapidement les limites de la configuration, notamment à cause des 8 Go de VRAM. Les réglages élevés peuvent ainsi devenir exigeants selon les jeux récents. La machine se distingue toutefois par son refroidissement très discret, même en pleine charge, ainsi que par une connectique complète : HDMI 2.0, DisplayPort 1.4, quatre ports USB-A, un port USB-C, Ethernet Gigabit, Wi-Fi 6E, Bluetooth 5.3 et adaptateur 2,4 GHz intégré pour le nouveau Steam Controller. Cette polyvalence confirme son ADN PC, même si l’appareil reste moins évolutif qu’une configuration montée sur mesure.
Le principal problème reste donc le prix. À partir de 1.040 euros sans manette, la Steam Machine quitte clairement le terrain des consoles et se retrouve confrontée à des PC complets, parfois plus évolutifs, disponibles dans une zone tarifaire similaire. Pour un joueur cherchant une entrée abordable dans le gaming, une console reste plus rationnelle. Pour un joueur PC, une configuration Windows ou un PC monté soi-même peut offrir davantage de flexibilité. Pour un utilisateur de Steam Deck, la version OLED accompagnée d’un dock conserve un meilleur rapport mobilité-prix. La Steam Machine séduira probablement les fans de Valve, les amateurs de SteamOS et ceux qui veulent un PC de salon compact et élégant, mais son tarif limite fortement son impact face à une concurrence déjà bien installée.
