Le basculement intégral des futures sorties PlayStation vers le numérique pourrait fragiliser durablement le marché mondial du jeu vidéo d’occasion, actuellement évalué à 7,2 milliards de dollars. Cette estimation, établie par le cabinet Dataintelo à partir des transactions réalisées en 2025, englobe les jeux préutilisés, les consoles, les accessoires et les périphériques. Avant cette évolution stratégique, les analystes anticipaient une progression du secteur jusqu’à 13,8 milliards de dollars en 2034, portée notamment par les produits destinés aux consoles, qui représentent déjà 42,3 % des revenus générés. La disparition progressive des nouveaux disques PlayStation risque toutefois de remettre en cause ces perspectives de croissance.

Sur le plan géographique, l’Amérique du Nord domine actuellement ce marché avec une part de 36,8 %, soit environ 2,65 milliards de dollars. L’Europe occupe la deuxième position avec 28,3 %, devant la région Asie-Pacifique, qui concentre 24,6 % des échanges mondiaux. Cette activité repose sur plusieurs facteurs structurels, notamment la recherche de prix plus accessibles, l’intérêt croissant pour une consommation plus durable et la popularité persistante des jeux rétro. Des enseignes spécialisées comme GameStop et CEX figurent ainsi parmi les principaux acteurs d’un écosystème fondé sur la revente, l’échange et la circulation continue des produits physiques.

Le principal problème tient au fonctionnement même des jeux numériques, qui ne peuvent généralement ni être revendus, ni échangés, ni prêtés à un autre joueur. L’arrêt de l’approvisionnement en nouvelles éditions physiques réduira donc mécaniquement le volume de titres susceptibles d’alimenter le marché de l’occasion dans les années suivantes. Michael Pachter, analyste chez Wedbush Securities, estime qu’au moins un tiers des jeux ont historiquement été vendus d’occasion. Il souligne également que la reprise des anciens titres permettait aux joueurs d’obtenir une somme utilisable pour financer l’achat de nouvelles sorties, un mécanisme essentiel aussi bien pour les consommateurs que pour les boutiques spécialisées.

À partir de janvier 2028, les revendeurs pourront toujours proposer des codes de téléchargement et des cartes prépayées, mais ces produits ne permettront aucun système traditionnel de reprise. Les disques déjà commercialisés, ainsi que les jeux sortis physiquement avant cette échéance, resteront utilisables et pourront continuer à circuler sur le marché secondaire. Leur disponibilité pourrait néanmoins diminuer avec le temps, ce qui renforcerait potentiellement leur valeur auprès des collectionneurs et des amateurs de rétro-gaming. Une autre inconnue demeure concernant la prochaine génération de PlayStation, puisque Sony n’a pas encore indiqué si sa future console intégrera ou non un lecteur de disques.